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Web2ForDev 2007 was the first conference devoted to exploring the ways in which international development stakeholders can take advantage of the technical and organizational opportunities provided by Web 2.0 methods, approaches and applications.

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Après le boom des GSM au Bénin, c’est le téléphone mobile fixe (CDMA 2000) qui fait désormais tabac dans les zones rurales du pays. Lancé depuis le mois de juillet par l’opérateur historique, Bénin Télécoms, sous le label ‘’ Zékédé’’ (littéralement « tiens-le précieusement » dans la langue locale), en partenariat avec l’équipementier chinois ZTE, cette technologie mobile reconnue comme de troisième génération s’arrache dans les campagnes pour compenser le déficit de couverture nationale du téléphone conventionnel et du réseau GSM.

” J’ai acheté ce téléphone à Cotonou et depuis ça m’accompagne partout dans mon champ”, confie un producteur d’ananas à Zinvié, une bourgade situé à environ 80 kilomètres de la capitale économique, dont l’accès aux réseaux GSM est actuellement impossible. ‘’ Dans les champs de coton du Nord, le Zékédé est déjà présent’’, précise également Jonas Gbeffo, chargé de communication du Conseil national des producteurs de coton du Bénin.

Avant l’avènement de cette nouvelle technologie déjà présente dans plusieurs pays africains, la situation des télécommunications au Bénin était marquée par une saturation quasi-totale du réseau téléphonique filaire dont 50.000 demandes officielles de lignes étaient insatisfaites. Bénin Télécoms, qui détient le monopole dans l’exploitation du téléphone conventionnel dispose d’un réseau fixe de 77 000 abonnés dont plus des deux tiers sur la seule ville de Cotonou. La télé densité est de l’ordre d’une ligne pour cent habitants sur le réseau fixe. Le taux de couverture du téléphone est donc très faible et plusieurs communes du pays, notamment celles du Nord, ne disposent pas de lignes téléphoniques.

L’expansion rapide du téléphone mobile fixe dans les milieux ruraux du Bénin s’explique d’abord par le fait qu’il a été lancé dans un contexte où les principaux réseaux GSM ont été suspendus alors que ces acteurs du monde rural qui avaient déjà adopté le téléphone, étaient confrontés un réel problème de communication. Même dans les villes, beaucoup de personnes avaient même installées le fixe dans leur véhicule. En dehors de son coût de la connexion relativement moins cher que le GSM, le CDMA offre, notamment les zones rurales, l’avantage d’une plus large couverture nationale d’autant qu’il est promu par l’opérateur public, Bénin Télécoms qui dispose de relais sur toute l’étendue du pays.

‘’ Le CDMA viendra résorber également le problème de connectivité à l’internet des zones rurales qui étaient pénalisées par l’absence du réseau filaire pour avoir le web’’, précise un cadre de Bénin Télécoms. Selon ses explications, cette technologie permet des services comme le fax ainsi que ceux à forte valeur ajoutée comme l’Internet haut débit, la vidéoconférence. Toutes choses qui, soutient-il, viendront réduire la fracture numérique en les principales villes du Bénin et les campagnes.

Pour faire profiter pleinement le monde rural des merveilles des nouvelles technologies à travers le CDMA, l’Etat béninois travaille actuellement à l’extension de la fibre optique sur tout son territoire. Depuis 2002, le Bénin s’est doté d’une bande passante de 512 Mbits/s pour les télécommunications internationales, dont 47 Mbps est dédié à l’Internet. Mais jusqu’à ce jour, le câble sous marin SAT3 n’est exploité qu’à 12% de sa capacité, faute d’extension à l’intérieur du pays et de liaisons avec les pays de la sous-région. Actuellement, les nouvelles autorités du pays s’emploient à rattraper le retard technologique au grand bonheur des populations des zones rurales.

Gnona Afangbédji

Etre interactif, s’interconnecter pour avoir des informations sur la disponibilité du poisson et les prix sur les divers marchés, telle est l’ambition des mareyeurs béninois qui associent timidement le net à la promotion de leurs activités.

« C’est clair que nous avons besoin d’être interactif, de nous interconnecter pour véritablement prospérer nos affaires mais avant tout, il faut qu’on ait des partenaires qui soient dans la même mouvance que nous afin que nous puissions travailler en réseau ». Zacharie Mitopké, secrétaire général de l’ANM (Association des mareyeurs et mareyeuses du Bénin) a été piqué par le virus du Web et des échanges par le net grâce à une formation que lui a donnée à Cotonou la coordination nationale du Mistowa, un projet financé par un pool de partenaires au développement pour promouvoir le commerce agricole en Afrique de l’Ouest et faciliter l’accès à l’information des acteurs agricoles notamment à travers les TIC. Depuis lors, il est très souvent connecté et anime avec d’autres acteurs du monde rural, la plate-forme du commerce agricole en Afrique de l’Ouest, www.wa-agritrade.net qui favorise un accès en ligne des informations de marché sur une gamme variée de produits tels que les céréales, le poisson, les fruits, le bétail. Pour lui, l’internet devrait constituer un outil efficace pour les acteurs de la phase post-capture de la pêche qu’ils sont. « Il y a très souvent des périodes de pêche morte où il n’y a plus de poissons dans nos eaux et on a besoin d’avoir des informations sur les autres régions, de la même manière, il y a aussi des périodes d’abondance pendant lesquels nous cherchons des débouchés à l’extérieur. L’internet permet d’avoir facilement accès aux marchés d’approvisionnement et d’écoulement », explique-t-il. A l’intérieur du pays, l’association a besoin d’échanger avec sa base, d’avoir la situation du marché intérieur pour savoir agir en temps opportun.

Le besoin d’être connecté avec les autres collègues de la sous-région se fait également sentir notamment au lendemain des diverses séminaires d’échanges d’expérience auxquelles l’association participe. « Il y a quelques mois », raconte Victoire Aliou Gomez, la présidente de l’ANM, « j’étais à Bamako où j’ai eu la chance d’échanger avec des collègues venus de la Mauritanie qui ont une avance certaine sur nous dans le domaine de la gestion post-capture. On a décidé de faire des choses ensemble mais le contact n’est pas toujours facile ». Pour elle, au-delà des ateliers, l’internet devrait leur permettre de poursuivre les réflexions, de s’enquérir régulièrement des expériences des autres, de trouver des solutions à leurs problèmes et d’avoir une ouverture sur le monde. Madame Gomez qui a suivi la même formation que son secrétaire général note pourtant que la chose n’est pas aisée d’autant que la plupart de leurs collègues n’ont pas accès à l’outil informatique encore moins à l’internet. « J’avoue que même-moi, bien qu’ayant suivi la formation du Mistowa, je vais très rarement au cyber », confie-t-elle.

Bien qu’elle ait pris conscience que l’internet leur permet d’avoir le pouvoir de l’information pour mieux se positionner sur le marché, l’ANM est limitée dans son ambition d’adopter l’internet par l’épineux problème de moyens. « Nous avons la chance que beaucoup de nos membres soient allés à l’école, le besoin est réel mais nous n’avons pas le matériel informatique adéquat, ni la connexion internet » se plaint Monsieur Mitokpé qui surfe dans les cyber-cafés.

Actuellement, cette association se prépare à monter une fédération des mareyeurs et pêcheurs au niveau national et ambitionne de faire des commandes en groupe. Zacharie Mitokpé promet que la future fédération fera de l’Internet, un vrai outil de travail. « Mais il faudra encore une fois beaucoup de moyens pour former nos membres à la maîtrise de l’outil informatique, nous équiper et surtout disposer une expertise au niveau du travail en réseau. Mais nous y arrivons », promet-il.

Gnona Afangbédji