«Nous croyons à la liberté d’expression, à la protection du droit de la parole et du droit d’écouter. Nous croyons en l’accès universel aux outils d’expression. Dans ce but, nous souhaitons permettre à tous ceux qui veulent s’exprimer — ainsi qu’à ceux qui veulent les écouter — d’en obtenir les moyens » lit-on sur le blog de Global Voices.
Cette structure est une organisation à but non lucratif de blogueurs du monde entier fondée par le Berkman Center for Internet and society de la faculté de droit de Harvard aux USA. Le Berkman Center étudie l’impact de l’Internet sur les sociétés.
Lors de la conférence de Rome sur le Web.2, Ethan Zuckerman, l’un des cofondateurs de Global Voices Online, a affirmé que son organisation a pour but d’amplifier, d’exposer le dialogue mondial sur Internet, en présentant le coté caché de l’actualité des pays et des personnes ignorés par les médias tels la radio, la télévision, la presse écrite. «Nous nous consacrons au développement d’outils, d’institutions et d’alliances, pour aider toutes les voix, où qu’elles soient, à se faire entendre », assure Zuckerman.
Pour les élections au Nigeria, au Zimbabwe, la société civile a utilisé le téléphone portable pour dénoncer le fait qu’on l’empêchait de voter. Cette situation a était relayée par les radios grâce aux appels émis. Sur les questions des droits de l’homme, en Egypte, les blogs sont des tribunes nourries par les sms et les images envoyés par les citoyens.
A une époque où les médias internationaux font l’impasse sur de nombreuses informations, Global Voices souhaite corriger l’impair de l’omission ou de l’exclusion de certaines informations en utilisant les technologies de l’information et de la communication, en faisant appel aux blogs, podcasts, photos, vidéos, wikis, tags, et messageries instantanées.
Avec ces technologies, ce sont des dizaines de millions de sources qui existent. Comment éviter d’être submergé par l’information? Comment savoir qu’une information est crédible ou pas?
Avec Global voices, une équipe internationale de bénévoles, de blogueurs - éditeurs donnent l’information. «Nos collaborateurs sont des blogueurs qui vivent dans différents pays du monde. Ils comprennent le contexte et l’importance des informations locales, des opinions et analyses qui sont publiées chaque jour dans leur pays ou région du monde, sur les blogs, les podcasts, les sites de partage de photo et vidéos. Ils nous aident donc à découvrir et à mettre en contexte les événements relatés par les blogueurs locaux, et qui ne sont pas couverts par les médias traditionnels », confie Zuckerman.
Global Voices s’est aussi adjoint un coordinateur des actions pour la liberté d’expression, pour aider ceux qui vivent dans des pays où les pouvoirs locaux souhaitent les empêcher de s’exprimer. Global Voices se trouve dans grande partie des pays du monde parce que les voix d’Amérique du Nord et d’Europe de l’Ouest sont déjà surreprésentées sur Internet.
Global voices privilégie les pays en voie de développement. Selon Zuckermann cette structure travaille pour construire des ponts qui relient les hommes au delà des fossés culturels et linguistiques, afin que chacun puisse mieux connaître l’autre. «Nous croyons que la discussion au delà des frontières est essentiel pour garantir à tous les citoyens de la planète un futur qui soit libre, juste, prospère et durable».
Global Voices est né au cours d’une réunion de blogueurs tenue à Harvard en décembre 2004.
Ecouter aussi le podcast, une interview de Zuckerman.
Par Ramata Soré