Le Web 2 ouvre des perspectives à l’Afrique même s’il demeure encore un rêve pour certains africains
September 27th, 2007 by Noel Tadégnon
Malgré les opportunités et les perspectives pour le développement qu’il offre au continent africain, le Web2, est pour le moment, un rêve pour les africains, avec les limites de l’accès à la connectivité dans des milieux ruraux, comme le note les intervenants d’un panel à l’occasion de la première conférence Web2fordev à Rome.
« Il y a un grand défi pour la mise en œuvre de ces technologies au Nigeria », a lancé le nigérian William Ezinwa Nwangwu. « Il est difficile pour nous d’utiliser ces technologies », a-t- il déclaré.
Il est soutenu dans ces propos par Mohamed Achoram, responsable d’Afriklink, un réseau de télécentres au Mali. Selon ce dernier, beaucoup d’africains ne savent pas encore ce que s’est qu’un ordinateur. « Certains en entendent parler mais c’est un luxe pour eux jusqu’à présent », a-t-il déploré.
« Toutes les technologies que nous avons vues et dont on parle au cours de cette conférence nécessitent une bonne connexion à l’Internet ce qui n’est pas le cas chez nous en Afrique », fait-il remarquer. La priorité aujourd’hui, c’est la réduction du coût de l’accès à la technologie. Achoram pense que le Web2 ne peut pas se faire sans connexion Internet et c’est, selon lui, le problème principal en Afrique où « l’Internet coûte extrêmement cher ».
« Si on pouvait faire l’internet comme la télévision ou l’accès est libre et gratuit, le Web 2 serait vraiment un outil pour les paysans, les agriculteurs, les élèves, les enseignants et pour tout le monde », a-t-il conclu d’autant que « ça permet aux gens de communiquer, d’être ensemble, de travailler ensemble ».
Ndeye Diop du Sénégal n’a pas caché sa crainte du fait que le web 2 ne creuse davantage le fossé numérique qui existe déjà entre les pays.
Christian Kreutz de l’Agence de coopération allemande (GTZ), quant à lui, a signalé qu’il faudra un engagement plus actif des décideurs pour promouvoir le web2. « Dans de nombreux pays, il y a des gouvernement qui ne sont pas intéressés par la promotion du Web 2 parce que ça ne les arrange pas », a soutenu Kreutz. Pour lui la solution tient dans le fait de convaincre acteurs et décideurs de l’importance du partage ouvert offert par le Web2
Les technologies du web 2 représentent, selon lui, un grand potentiel mais il y a plusieurs défis auxquels « nous faisons face » et pour lesquels « nous n’avons pas encore trouvé de solutions ».
Et pour Moses Kisambo de l’Ouganda, le défi à relever dans les zones rurales en Afrique est lié au fait que la collecte et la disponibilité de l’information reste faible. « Pour partager les information, il faut en avoir à partager », a-t-il dit.
Il estime qu’il faudra travailler sur le partage et la mise à disposition des informations pour que l’interactivité soit totale et complète et pour que les objectifs du Web2 soient atteints.
