Malgré les opportunités et les perspectives pour le développement qu’il offre au continent africain, le Web2, est pour le moment, un rêve pour les africains, avec les limites de l’accès à la connectivité dans des milieux ruraux, comme le note les intervenants d’un panel à l’occasion de la première conférence Web2fordev à Rome.

« Il y a un grand défi pour la mise en œuvre de ces technologies au Nigeria », a lancé le nigérian William Ezinwa Nwangwu. « Il est difficile pour nous d’utiliser ces technologies », a-t- il déclaré.

Il est soutenu dans ces propos par Mohamed Achoram, responsable d’Afriklink, un réseau de télécentres au Mali. Selon ce dernier, beaucoup d’africains ne savent pas encore ce que s’est qu’un ordinateur. « Certains en entendent parler mais c’est un luxe pour eux jusqu’à présent », a-t-il déploré.

« Toutes les technologies que nous avons vues et dont on parle au cours de cette conférence nécessitent une bonne connexion à l’Internet ce qui n’est pas le cas chez nous en Afrique », fait-il remarquer. La priorité aujourd’hui, c’est la réduction du coût de l’accès à la technologie. Achoram pense que le Web2 ne peut pas se faire sans connexion Internet et c’est, selon lui, le problème principal en Afrique où « l’Internet coûte extrêmement cher ».

« Si on pouvait faire l’internet comme la télévision ou l’accès est libre et gratuit, le Web 2 serait vraiment un outil pour les paysans, les agriculteurs, les élèves, les enseignants et pour tout le monde », a-t-il conclu d’autant que « ça permet aux gens de communiquer, d’être ensemble, de travailler ensemble ».

Ndeye Diop du Sénégal n’a pas caché sa crainte du fait que le web 2 ne creuse davantage le fossé numérique qui existe déjà entre les pays.

Christian Kreutz de l’Agence de coopération allemande (GTZ), quant à lui, a signalé qu’il faudra un engagement plus actif des décideurs pour promouvoir le web2. « Dans de nombreux pays, il y a des gouvernement qui ne sont pas intéressés par la promotion du Web 2 parce que ça ne les arrange pas », a soutenu Kreutz. Pour lui la solution tient dans le fait de convaincre acteurs et décideurs de l’importance du partage ouvert offert par le Web2

Les technologies du web 2 représentent, selon lui, un grand potentiel mais il y a plusieurs défis auxquels « nous faisons face » et pour lesquels « nous n’avons pas encore trouvé de solutions ».

Et pour Moses Kisambo de l’Ouganda, le défi à relever dans les zones rurales en Afrique est lié au fait que la collecte et la disponibilité de l’information reste faible. « Pour partager les information, il faut en avoir à partager », a-t-il dit.

Il estime qu’il faudra travailler sur le partage et la mise à disposition des informations pour que l’interactivité soit totale et complète et pour que les objectifs du Web2 soient atteints.

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