Après le boom des GSM au Bénin, c’est le téléphone mobile fixe (CDMA 2000) qui fait désormais tabac dans les zones rurales du pays. Lancé depuis le mois de juillet par l’opérateur historique, Bénin Télécoms, sous le label ‘’ Zékédé’’ (littéralement « tiens-le précieusement » dans la langue locale), en partenariat avec l’équipementier chinois ZTE, cette technologie mobile reconnue comme de troisième génération s’arrache dans les campagnes pour compenser le déficit de couverture nationale du téléphone conventionnel et du réseau GSM.

” J’ai acheté ce téléphone à Cotonou et depuis ça m’accompagne partout dans mon champ”, confie un producteur d’ananas à Zinvié, une bourgade situé à environ 80 kilomètres de la capitale économique, dont l’accès aux réseaux GSM est actuellement impossible. ‘’ Dans les champs de coton du Nord, le Zékédé est déjà présent’’, précise également Jonas Gbeffo, chargé de communication du Conseil national des producteurs de coton du Bénin.

Avant l’avènement de cette nouvelle technologie déjà présente dans plusieurs pays africains, la situation des télécommunications au Bénin était marquée par une saturation quasi-totale du réseau téléphonique filaire dont 50.000 demandes officielles de lignes étaient insatisfaites. Bénin Télécoms, qui détient le monopole dans l’exploitation du téléphone conventionnel dispose d’un réseau fixe de 77 000 abonnés dont plus des deux tiers sur la seule ville de Cotonou. La télé densité est de l’ordre d’une ligne pour cent habitants sur le réseau fixe. Le taux de couverture du téléphone est donc très faible et plusieurs communes du pays, notamment celles du Nord, ne disposent pas de lignes téléphoniques.

L’expansion rapide du téléphone mobile fixe dans les milieux ruraux du Bénin s’explique d’abord par le fait qu’il a été lancé dans un contexte où les principaux réseaux GSM ont été suspendus alors que ces acteurs du monde rural qui avaient déjà adopté le téléphone, étaient confrontés un réel problème de communication. Même dans les villes, beaucoup de personnes avaient même installées le fixe dans leur véhicule. En dehors de son coût de la connexion relativement moins cher que le GSM, le CDMA offre, notamment les zones rurales, l’avantage d’une plus large couverture nationale d’autant qu’il est promu par l’opérateur public, Bénin Télécoms qui dispose de relais sur toute l’étendue du pays.

‘’ Le CDMA viendra résorber également le problème de connectivité à l’internet des zones rurales qui étaient pénalisées par l’absence du réseau filaire pour avoir le web’’, précise un cadre de Bénin Télécoms. Selon ses explications, cette technologie permet des services comme le fax ainsi que ceux à forte valeur ajoutée comme l’Internet haut débit, la vidéoconférence. Toutes choses qui, soutient-il, viendront réduire la fracture numérique en les principales villes du Bénin et les campagnes.

Pour faire profiter pleinement le monde rural des merveilles des nouvelles technologies à travers le CDMA, l’Etat béninois travaille actuellement à l’extension de la fibre optique sur tout son territoire. Depuis 2002, le Bénin s’est doté d’une bande passante de 512 Mbits/s pour les télécommunications internationales, dont 47 Mbps est dédié à l’Internet. Mais jusqu’à ce jour, le câble sous marin SAT3 n’est exploité qu’à 12% de sa capacité, faute d’extension à l’intérieur du pays et de liaisons avec les pays de la sous-région. Actuellement, les nouvelles autorités du pays s’emploient à rattraper le retard technologique au grand bonheur des populations des zones rurales.

Gnona Afangbédji

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