Le Web peut devenir un catalyseur
September 11th, 2007 by Giacomo Rambaldi
Agriculture & Nouvelles Technologies : En quoi le web 2.0 peut-il devenir un facteur de développement ?
Giacomo Rambaldi : Internet donne la possibilité à des personnes qui ont accès au Net, même isolées géographiquement, d’obtenir une grande audience, d’être en contact avec des marchés lointains etc. Si on dispose de la connexion, de l’énergie et du temps à dédier à cette activité, on peut s’en servir comme « catalyseur de changement », avec très peu de ressources. Quand on parle du Sud, on évoque des intermédiaires technologiques. Il y a des ONG, des structures ayant accès à Internet et qui peuvent faire l’interface entre, par exemple, des producteurs, des organisations paysannes ou des groupements de femmes et le grand public qui est sur Internet. A l’heure actuelle, nous sommes dans une phase intermédiaire, mais dans une dizaine d’années ou moins, quand l’accès au Net sera meilleur dans pays du Sud, des habitants pourront avoir leur propre espace. Quelques-uns œuvrent d’ailleurs déjà sans intermédiaire.
A. & N. T. : En quoi va consister votre conférence baptisée Web2fordev ?
G. R. : Nous travaillons depuis un an et demi sur la mise en place de cet événement. Chaque année, nous organisions un observatoire TIC centré sur l’agriculture et le développement rural. Des spécialistes viennent pour discuter des innovations récentes. L’an passé, dans le cadre de notre nouvelle stratégie 2007-2010, nous avons décidé d’investir beaucoup plus dans cet événement et de le transformer en une conférence d’ampleur internationale. Après avoir échangé sur le sujet avec des partenaires dans les secteur du développement, nous avons commencé à organiser cet événement. L’objectif était de réaliser une conférence dont les grandes lignes n’étaient pas élaborées par nos soins : nous avons demandé leurs priorités aux différents publics concernés. 500 opérateurs dans le secteur du développement ont répondu à une enquête en ligne et les grandes thématiques ont été définies : l’espace virtuel partagé, les technologies appropriées pour la publication en ligne, la recherche et l’accès aux informations en ligne.
A. & N. T. : Existe-t-il aujourd’hui des freins au développement espéré ?
G. R. : Bien sûr et le premier d’entre eux est l’accès au Net. C’est une limitation importante. Mais les choses évoluent.
Quand j’étais au Kenya il y a quinze ans, il était très difficile d’obtenir une ligne de téléphone fixe. Maintenant, il y a un marché de la téléphonie mobile qui est bouillonnant et qui se développe plus vite qu’en Europe. L’accès au Web avance
relativement vite dans les pays africains. Il y a également d’autres freins comme les monopoles dans la téléphonie… Mais petit à petit, les choses vont dans le bon sens.
