Services Questions-Réponses de l’ONASA: Le Web pour désenclaver les zones rurales
August 24th, 2007 by Gnona Afangbedji
L’Internet constitue un outil important de recherche et de contact pour le service Questions-Réponses de l’Office béninois pour la sécurité alimentaire (ONASA) qui assure la liaison entre les producteurs et des spécialistes des questions agricoles à travers le monde.
Dans son modeste du bureau, de l’office béninois pour la sécurité alimentaire (ONASA), à Cotonou, Prosper Mandé analyse attentivement les dernières fiches de questions envoyées par les producteurs de Grand-Popo et de Comé, deux petites villes, situées à une centaine de kilomètres de la capitale économique du Bénin. « Quel est aujourd’hui la liste des produits phytosanitaires recommandés pour le maraîchage et homologués au Bénin ? », « Les intrants piscicoles qui constituent les éléments fondamentaux coûtent chers. Comment faire pour faciliter la production de ces intrants afin de permettre la consommation à moindre coût de ces intrants par ces pisciculteurs ? », « Quels apports chimiques et/ou chimiques faut-il pour améliorer considérablement le rendement du bananier plantain tout en préservant la santé du consommateur ? », peut-on lire parmi la cinquantaine de questions expédiées.
Dans quelques jours, ces producteurs qui n’ont pas l’accès facile à l’information en temps réel et à l’expertise dans leurs domaines d’activités, auront les réponses adéquates à leurs préoccupations à travers la consultation d’un réseau d’experts nationaux et internationaux en production animale et végétale que Monsieur Mandé a constitué via Internet.
Le Service Question Réponse (SQR) qu’il dirige depuis quelques années au sein de l’ONASA permet aux communautés rurales isolées des 77 communes du Bénin qui n’ont accès pas au savoir et à la technologie de disposer d’un relais important pour toucher les grands spécialistes des questions agricoles en milieu tropical. ‘’ Nous travaillons au sein de ce service pour pallier l’enclavement des zones rurales en matière de communication dont sont victimes la plupart des producteurs du monde rural et parfois même de certains techniciens encadreurs qui n’ont toujours la réponse toutes les difficultés des paysans’’, souligne Prosper Mondé.
Le SQR a pour mission de fournir les informations et conseils personnalisés, d’accompagner activement les acteurs de la sécurité alimentaire au Bénin dans leurs processus individuels, afin d’agir efficacement sur les déterminants de la pauvreté et les facteurs d’insécurité alimentaire. ‘’ Nous ne nous substituons pas aux structures gouvernementales et privées offrant généralement un ensemble de services d’information de très bonne qualité mais le SQR BENIN entend simplement contribuer à la promotion des produits vivriers locaux grâce à diverses activités au profit des acteurs du monde rural », rectifie Monsieur Mondé.
L’enclavement en matière d’information, Posper Mandé se dit mieux placé pour en parler, ayant vécu lui-même cette situation pour avoir servi pendant des dizaines d’années dans le Bénin profond, notamment à Copargo, environ 500 kilomètres dans la région Nord du pays. Il se rappelle encore comme hier, toute la peine qu’il a eue pour rechercher des intrants spécifiques pour certaines spéculations développées par les producteurs ou des informations concernant certaines parasites qui attaquent les cultures. ‘’ Vous êtes complètement coupés du monde et même ingénieur agronome dans ces zones reculées du pays, vous êtes en retard par rapport à l’évolution de la recherche’’, se désole-t-il.
L’apport précieux de l’outil internet
Même si la plupart des questions lui parviennent par le réseau des Cerpa (Centres régionaux de promotion agricole) et par téléphone à travers la ligne verte ‘’ Allo AGRI : 21 33 1502 90985011’’, le responsable du SQR estime que le concept doit surtout son efficacité à l’usage de l’internet.
Il explique : ‘’ Déjà à mon niveau, j’essaie d’évacuer quelques préoccupations à travers des bases de données que j’ai constituées grâce à mes recherches avant de recourir au réseau de personnes ressources que j’ai constitué pour des questions plus pointues. Si j’ai par exemple des préoccupations liées au traitement de l’information agricole, je peux faire recours à un journaliste spécialisé. ’’
Comment le SQR a-t-il pu mettre en place ce réseau ? Le responsable précise qu’il s’est constitué à travers son carnet d’adresses personnel, celui de certains de ses collègues, des e-mail des chercheurs qu’il rencontre lors des colloques nationaux ou internationaux, chercheurs auxquels il soumet le concept, et même des personnes intéressantes qu’il identifie au détour d’une simple causerie.
Mais si dans la recherche des réponses, Prosper Mondé n’évoque pas de grandes difficultés, en dehors des pépins de connexion liée à l’exiguïté de la bande passante au Bénin, il note par contre que la restitution des résultats à la base pose souvent problème. C’aurait été mieux s’il traitait avec des organisations de producteurs ayant un accès facile à l’Internet. Ce qui n’est pas le cas, la démocratisation des TIC n’étant pas encore une réalité dans ce pays. Même si quelques rares communes disposent de cybercafés qui tournent avec une connexion exécrable, à peine 1% de ses cibles connaissent l’usage de l’Internet. Les seuls canaux dont il dispose pour renvoyer le fruit de ses investigations ne sont que le téléphone et le réseau des Cerpa. Le premier, en dépit des encombrements de réseau, lui coûte beaucoup d’argent alors que le Service ne dispose pas d’un budget pour la communication. Quant au second canal, il ne permet toujours de faire parvenir l’information aux destinataires suivant la célérité souhaitée. Mais bon an mal an, le mécanisme donne satisfaction aux demandeurs dont la liste s’agrandit au fil des mois.
Gnona AFANGBEDJI
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Salut,
juste dire que nous avons au Burkina faso le meme type de programme. selement, ce nest pas un centre qui se charge de la recolte et de la diffusion des informations, mais une association.
les paysans dans la region du sud ouest du Burkina Faso pour ne pas se faire anarquer par les citadins qui viennent acheter leurs produits sont en connexion grace a internet et bien sure en utilisation des panneaux solaires pour pouvoir avoir des infos sur les cours des produits cerealiers en ville ou disant dans les zones urbaines. cette situation a fait que dans certains villages les commercants et paysans font plus confiances aux donnees transmises qu’aux paroles des acheteurs.
bonne journee et a tres bientot